25 juin 2024

Radio Ngoma ya Amani

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Coup d’Etat raté à Kinshasa, Jean-Jacques Wondo poursuivi à cause de sa chemise

Jean-Jacques Wondo Omanyundu est un expert et analyste belgo-congolais des questions politiques et sécuritaires de la République démocratique du Congo qui a été formé à l’école royale militaire de Belgique. Il figure parmi la cinquantaine de personnes arrêtées et poursuivies dans le procès dit de « tentative de coup d’État raté à Kinshasa » en date du 19 mai dernier. Il avait rejoint depuis quelques mois les rangs des services de renseignement congolais, l’ANR, comme conseiller. ”On lui reproche une vieille photo où on le voit avec Christian Malanga”, explique un membre de sa famille qui évoque plutôt des tensions entre deux grands services de renseignement congolais pour tenter d’expliquer l’arrestation de Jean-Jacques Wondo qui se préparait à rentrer en Belgique pour donner un cours aux futurs officiers belges de l’École royale militaire où il est Professeur.

Christian Malanga est l’instigateur de ce que l’armée congolaise a qualifié de tentative de coup d’État susmentionné du 19 mai, mais qui a malheureusement été abattu avec trois de ses hommes par les militaires de la garde républicaine. “Cette opération n’avait aucune chance d’aboutir. En s’attaquant à ces lieux [chez Vital Kamerhe et au palais de la nation] sans chercher à prendre la télévision, l’aéroport ou à tenter de rallier des casernes militaires. Les mutins étaient adossés au fleuve Congo, loin de tout, ce ne pouvait être qu’un échec”, explique le colonel P. de l’armée congolaise qui “refuse de croire dans la culpabilité de Jean-Jacques Wondo”.

« Ce qui est incompréhensible dans ce dossier, c’est que l’atteinte à la Sûreté de l’État n’est pas une prévention retenue contre les prévenus”, explique un avocat congolais, qui préfère conserver l’anonymat “dans le contexte actuel”. “Les autorités militaires expliquent qu’elles ont mis fin à une tentative de coup d’État mais il n’y a aucune référence au coup d’État dans l’ordonnance du tribunal militaire, c’est inconcevable”, poursuit-il.

Il n’y a aucune poursuite, fût-ce disciplinaire, contre le commandant de la garde républicaine chargée de sécuriser le palais de la Nation où les insurgés sont entrés sans coup férir”, explique Hervé Diakiese, avocat et porte-parole du parti politique Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, qui ajoute : “il y avait plus de sérieux dans le coup d’État du général Alcazar dans tintin et les Picaros que dans ce qu’on a vécu à Kinshasa le 19 mai”.

Ce vendredi 07 juin, pour la première audience, le Ministère public a donné lecture des éléments qui sont reprochés à Jean-Jacques Wondo. “Il y a trois points, explique Maître Carlos Ngwapitshi, son avocat:

  • Il aurait prêté son véhicule de service aux assaillants, ce qui est faux et facilement démontrable. Son véhicule a été saisi bien après les faits sur le parking de l’ANR.
  • On lui reproche ensuite d’avoir porté le jour de l’attaque, la même chemise que celle qu’il portait sur la photo, prise en 2017, où il se trouve en compagnie de Malanga.
  • Enfin, on lui reproche d’avoir effacé des messages sur WhatsApp dans une conversation qu’il aurait eue avec le chef de l’attaque.

La charge de la preuve leur revient. Qu’ils démontrent ce qu’ils annoncent. On ne poursuit pas une personne sur des déclarations mais sur des faits”, Conclut Me. Ngwapitshi.

Dans un communiqué rendu public sur le compte X de Madame Ida Sawyer, Human Rights Watch (HRW) appelle au respect des droits fondamentaux des personnes arrêtées.

Après cette première audience du 07 juin essentiellement consacrée à l’identification des prévenus, la prochaine audience est fixée au 14 juin prochain.